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Logiquement, il est impossible de réformer en Tunisie

Par Krimi Khémaies

 

Deux indices majeurs en illustrent la preuve. Il s’agit de la mauvaise qualité de l’homme tunisien et l’émergence, depuis le soulèvement du 14 janvier 2011 d’une polyarchie qui impose le partage du pouvoir.

 

Le premier indice est perceptible à travers la composition de la population tunisienne : 2,7 millions de pauvres, 1,5 million vivant dans un secteur informel hors la loi, 750.000 chômeurs -dont plus de 250.000 de diplômés, 1,9 million d’analphabètes et autant, sinon  plus d’illettrés, soit au total 4 millions environ, 1 million d’intégristes et djihadistes disciplinés cherchant à ramener le pays au moyen âge, 1 million d’émigrés individualistes bien intégrés et enclins plus à ramasser l’argent et à défendre, en off shore, un projet identitaire utopique, qu’à investir dans leur pays, 2,5 millions d’élèves et d’étudiants encore immatures dont 100 mille décrochent chaque année, plus de 10 000 hommes d’affaires rentiers qui expatrient le plus net de leur fortune…

 

Au regard de la qualité de cette configuration, et son corollaire, la confirmation de l’inculture d’un peuple flemmard, il est vraiment difficile, pour les rêveurs de démocratie et d’une nation moderne, de penser qu’il est aisé d’entreprendre une quelconque réforme dans le pays.

 

Le deuxième indicateur, concerne l’émiettement du pouvoir depuis le changement du 14, janvier 2011.

En l’espace de dix ans, la Tunisie est passée d’un système autoritaire monopartisan à un pays ayant un système multipartis avec plus de 200 partis recensés ogfficiellement. À cela s’ajoute plus de 20 000 organisations non gouvernementales (ONG) logisticiennes servant plus les intérêts de partis traîtres au pouvoir que la société civile et l’intérêt général.

 

Pour ne citer que les résultats d’un sondage autrichien crédible, celui de la WVS (World Value Survey), organisation mondiale traitant de la sociologie des valeurs sociopolitiques dans les différents pays du monde, ce dernier a révélé que 56% des 1 205 des sondés Tunisiens situent leurs pensées et ambitions politiques au centre, contre 12% comme étant de gauche et 32% comme étant de droite (religieux et autres intégristes).

 

D’ailleurs, les résultats des élections qui ont eu lieu, depuis 2011, ont toujours confirmé cette configuration. Ils ont régulièrement donné 40% à 50% environ des voix pour la famille centriste, 20 à 30% des voix pour les conservateurs (religieux) et le reste pour les sensibilités de gauche et pour ce qu’on appelle, en Tunisie, la masse silencieuse.

 

En somme, les analystes qui pensent que les mauvais choix des tunisiens sont à l’origine de la déliquescence de la situation en Tunisie n’ont plus à l’insinuer, c’est hélas la réalité. 

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